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Le peintre marocain Youssef Elkahfai expose à la toute nouvelle galerie Kandisha du 19 janvier au 13 mars
Avec lui Pierre Mérat, photographe auteur. Lors d’un voyage à Marrakech, il s’est intéressé à la corporation des tanneurs. Des photos d’art magnifiques font écho à l’œuvre de Youssef.
Ambiance « Morocco » !

Portrait d’un peintre de Marrakech. L’homme est discret. D’aucuns diront « dans son monde ». Silencieux, comme ses personnages. Ses créations sont figuratives, mais d’une réalité
transcendée, gommant l’inutile, laissant tout un espace de liberté, celui de la création. « Il dessine sans relâche, peut travailler pendant des heures et des heures » nous confiera une de ses
amies.
Youssef a longtemps enseigné (il est à la fois peintre, sculpteur, graveur) et s’il semble vous perdre lors d’une conversation, il ne perd pas pied avec la réalité dans ses toiles, n’oublie
pas les règles académiques ni les préoccupations du réel. Son expérience le guide. Ses femmes, ses hommes le plus souvent assis, paraissent calmes, attentifs, dans l’attente, semble-t-il,
de quelque chose, qui va se produire. On se fait les témoins de ses instants volés à ces personnages silencieux, mais pas pour autant paisibles. Le calme s’entend, s’écoute et si le décor
est dépouillé, 1000 forces l’animent. Elles passent par le regard, qu’on ne capte pas vraiment. Par une bouche, qui ne parle pas vraiment, par un visage qui scrute et interroge, et dont on ne
voit pas précisément les traits, des sourcils qui se froncent d’inquiétude indolente. Elles passent aussi et surtout par le trait énergique de l’artiste, les contours nerveux qu’il
imprime, une force dans le dessin, très sûr, dans les vibrations aussi, souvent appuyées à l’encre noire, et enfin, une force qui n’appartient qu’à lui, sa signature, ce « je ne sais quoi »
qui fait que Youssef donne chair et densité à ses personnages. Son monde est fait de contrastes, aux couleurs du Maroc, dont il est imprégné fortement et durablement : des terres, des ocres, des
bruns, et ce blanc lumineux, presque joyeux, qui vous réchauffe le cœur, et apporte une note résolument optimiste à ses scènes obscures.
Cette femme se protège t-elle du
soleil ou bien des agressions de ce monde ? Des histoires se racontent, nous divaguons peut-être. Lui seul aura t il le secret de ses personnages fragiles et solitaires ?
Pétra Wauters
Galerie Kandisha,
30 rue des Fossés Saint-Bernard – 75 005 Paris
06 33 23 93 36
www.galerie-kandisha.com
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