Monet au grand Palais 22 septembre au 24 janvier 2011 Un Hommage Lumineux

Des débuts du peintre dans les années 1860 aux ultimes tableaux de la série des Nymphéas à Giverny, les Galeries nationales du Grand Palais proposent une rétrospective inédite de l'œuvre du prolifique impressionniste Claude Monet. La scénographie d’Hubert Le Gall met superbement en valeur les 176 toiles présentées au public.
On découvre, ou redécouvre avec bonheur l’artiste, chef de file des  impressionnistes. Le musée Marmottan n’a pas pu se séparer de l’astre de son Musée : « Impression soleil levant »…Qu’importe ! L’expo se fera sans lui tout comme l’expo Munch, volontairement privée de son cri, aura permis au public de la Pinacothèque de se concentrer sur d’autres œuvres majeures. Des aspects moins connus de l’œuvre de Monet, notamment des séries et des ensembles réunis pour l’exposition, des tableaux provenant de musées  du monde entier, nous aident à mieux comprendre pourquoi et comment, au début du XXe siècle, les  recherches et les orientations de l’artiste constitueront  un des fondements de l’art moderne.

Dès les premières salles, on est littéralement emporté par  cette valse impressionniste On comprend vite : C’est bien elle qui mène le bal. La lumière : des marines en Normandie, aux fameuses « grenouillères » en passant par la Seine à Bougival, les environs d’Argenteuil, l’étourdissant Paris, sa gare Saint Lazare, les rives méditerranéennes, ou encore Londres, Venise, ou Giverny, sans oublier les scènes d’intérieur. Mais comment Monet réussit-il à décliner autant de lumières magiques ? Bien sûr, d’autres peintres ont mis à profit cette belle découverte que la couleur est lumière, et que, de ce fait, l'effet chromatique est modifié selon les intensités lumineuses.  Mais rares sont ceux, qui, comme  Monet, parviennent à la rendre aussi irréelle, poétique, parfois fugace ou encore ardente. Comment Monet arrivait-il à peindre avec autant de brio l’instantanéité de ses impressions ? Sans doute donnait-il une partie de la réponse à son ami, le peintre Bazille : « C’est à force d’observations, de réflexion, que l’on trouve ».  (1864)


Focus sur quelques  tableaux
gare-saint-lazare-a-l-exterieur-1877-644736.jpg"La gare Saint-Lazare à l'extérieur- le signal ». L’ensemble des gares est impressionnant. Monet connaissait très bien la gare Saint-Lazare, habitant tout près, il prenait le train pour se rendre à Argenteuil ou encore en Normandie… « C’est un de ces lieux privilégiés qu’il fréquente beaucoup, et c’est tout naturellement qu’en 1877 il demande l’autorisation de s’y installer pour  peindre ». commente Anne Roquebert, l'une des Commissaires de l'exposition et Conservateur en chef au musée d'Orsay. Il  effectuera plusieurs tableaux. « On ne parlera pas encore de « série », (comme dans « les meules », les « peupliers », « la cathédrale » de Rouen où il abordait   le même motif sous des éclairages différents)  « Dans la gare, il se déplace à sa guise et change de point de vue. » Il est probable  que l’idée des séries germera à Saint-Lazare. On est fasciné par cette lumière filtrée à travers de grandes verrières, architectures métalliques, fort belles, mais qu’on imagine  contraignantes pour l’artiste dans l’exécution. La lumière changeante, ces effets colorés sont nouveaux pour lui. « Cette « bête humaine », ces machines à vapeur projettent des  panaches  de fumées, véritable éblouissement de couleurs pour le peintre. Pour l’anecdote, Monet parviendra à déplacer les horaires de trains,  régentant ainsi la vie de la gare pendant quelques jours !  « Faire partir le train de Mantes deux heures plus tard pour répondre à la requête d’un artiste, voilà qui serait impensable de nos jours ! » Cet ensemble de tableaux lui était cher : il présentera à la troisième exposition impressionniste de 1877 pas moins de 8 gares Saint Lazare ! Poursuit Anne Roquebert. Les critiques sont enthousiastes à l’époque et Zola, inspiré, parlera de « poésie moderne »…L’évocation de la modernité est justement un sujet qu’il l’intéresse et qui le rapproche de l’écrivain.

nympheas-1904-645098.jpg"Les Nymphéas", 1904, Musée des beaux-arts, Le Havre. L'œuvre de Monet s'oriente vers un aspect décoratif. À Giverny, le bassin des nénuphars devient alors son sujet de prédilection. Vers la fin de sa vie, les objets disparaîtront presque totalement de ses toiles pour ne laisser la place qu'a la lumière, la forme et la couleur. Il annonce ainsi l'art moderne du XXème siècle et l'art abstrait
Giverny ! « Il commence par s’installer en louant la maison en 1883 ». Commente Anne Rocquebert. «  Il s’y sent bien et décide de l’acheter en 90. Les séries, en maturation dans les répétitions deviennent possibles…il peut prendre le temps. Il ira même jusqu’à détourner l’Epte pour faire un grand bassin, le bassin aux Nymphéas qu’il couronne d’un pont japonais « …(l’influence de l’Art Japonais est considérable chez Monet). «  Ce sujet essentiel de la fin de sa vie l’amènera jusqu’aux Nymphéas de l’Orangerie dont il fera cadeau à l’état pour fêter la victoire en 1917. Malheureusement, l’ensemble ne sera installé qu’un an après sa mort, en 27 »

D’autres tableaux fascinants :
Fragment du "Déjeuner sur l'herbe", 1865, Musée d'Orsay.
Monet entreprend cette immense toile au printemps 1865. Hommage à Manet,  "Je ne pense plus qu'à mon tableau et si je savais à le manquer, je crois que je deviendrais fou" écrivait-il à Bazille. Mais voilà que Monet avait dû laisser le tableau en garantie à son propriétaire. (il devait plusieurs mois de loyer) Il voulut le reprendre quelques années plus tard, mais Il était en grande partie détruit par la moisissure. Seulement deux morceaux ont été sauvés.
"La Grenouillère", 1869, The Metropolitan Museum of Art, New York
« La Grenouillère », joli nom rendu célèbre par de nombreux artistes, est un établissement de bains sur l'île de Croissy, bien connu de Renoir et bien sûr de Monet. Une grande source d'inspiration pour traiter les reflets dans l’eau et les jeux de lumière.
« Le Port du Havre, effet de nuit », 1873 (collection particulière) On se laisse surprendre par ce Monet. Recherches sur la lumière et atmosphère magiques.
« Terrasse à Sainte-Adresse »
1867
huile sur toile, 98 x 130 cm
The Metropolitan Museum of Art, New York
Une toile superbe, oeuvre de jeunesse mais déjà un rendu extraordinaire de la lumière. Dans la contemplation de cette marine audacieuse, on reçoit en plein visage, dans un souffle d’air frais, les doux rayons de soleil et les embruns  iodés..

Monet : une expérience sensorielle à ne pas manquer !

Pétra Wauters

HORAIRES

Tous les jours de 10h00 à 22h00.
Le mardi jusqu’à 14h00.
Le jeudi jusqu’à 20h00.
Tous les jours de 9h à 23h pendant les vacances scolaires.
Fermeture exceptionnelle à 18h00 le 24 et 31 décembre.
Fermé le 25 décembre.
Dernier accès : 45 minutes avant la fermeture des Galeries.
Fermeture des salles à partir de 15 minutes avant la fermeture des Galeries.
Réservation www.monet2010.com
TARIFS
Prix d’entrée 12 €, tarif réduit 8 €.
INFORMATIONS PRATIQUES
Adresse
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
Entrée : Champs-Elysées 
Accès Métro : Franklin-Roosevelt ou Champs-Elysées-Clemenceau
 "La gare Saint-Lazare à l'extérieur ».

"La Grenouillère", 1869, The Metropolitan Museum of Art, New York

 Fragment du "Déjeuner sur l'herbe", 1865,

« Le Port du Havre, effet de nuit », 1873 (collection particulière)



Les Nymphéas
Claude Monet
Musée des beaux-arts A.Malraux, Le Havre






« Terrasse à Sainte-Adresse »
1867
huile sur toile, 98 x 130 cm
The Metropolitan Museum of Art, New York

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