Overblog
Editer la page Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Mickael-Lonsdale.jpgLes concerts lecture se suivent et ne se ressemblent pas. La tournée dans toute la France se poursuit. Les thèmes changent. Ici « les 14 stations de chemin de croix », sur des poèmes de Paul Claudel.
Là, « Les eaux vives » spectacle concert qui offre une lecture en cinq actes  de textes profanes et sacrés, avec des  improvisations musicales sur le thème de l’eau. Quels que soient les thèmes, on retrouve cette ferveur et ce bonheur de donner et de partager. Quel que soit le degré de croyance et de spiritualité, on reste tous subjugués. Sous le charme.


Il faut dire que Mickael Lonsdale, ce récitant tant attendu, est là. Très attendu. On fait la queue devant les églises partout où il se produit.  Nous avons rencontré ce grand Monsieur à Triel-sur-Seine dans les Yvelines. 

L’acteur et ses amis comédiens et musiciens étaient invités par le comité du « Manteau Rouge »  pour offrir les 14 stations du Chemin de Croix. 


On a assisté à une bien belle mise en valeur des textes spirituels à l’église Saint-Martin archi- comble en ce dimanche après midi.
 
16 H, le 27 Mars 2011. On retient son souffle. Dès les premiers instants, la voix de Mickaël Lonsdale vient nous chercher, nous enveloppe, chaleureuse et bienveillante. À ses côtés,  Odile Samoel, récitante comédienne. Présence vibrante, sensible, et une voix claire qui porte magnifiquement ce texte fort dans une émotion vive et à la fois retenue, toujours juste. Le Père Vincent-Marie de l’abbaye d’Ouscamps, musicien inspiré, aux grandes Orgues ; Eric Sanarens, aux percussions  ethniques et mélodiques  dont les rythmes et les sons théâtralisent superbement l’instant, et enfin, Bernard Masson, baryton rayonnant.  Le concert alterne la lecture des textes correspondant aux 14 stations du Chemin de Croix et des musiques de Bach, Ravel, Bizet.
Un sacré plus, ou un plus sacré. « C’est comme une musique qui accompagne un beau film » confiera Le Père Vincent Marie.
Et il faut bien avouer que ces comédiens musiciens nous offrent une heure durant, un moment rare de bonheur.–

                Et c’est un bonheur aussi de rencontrer  Michael Lonsdale. Frère Luc dans « Des hommes et des dieux », de Xavier Beauvois, une-eglise-pleine.jpgGrand Prix du Jury du Festival de Cannes 2010. Quelle carrière  cinématographique et théâtrale ! Orson Welles, Luis Bunuel, Louis Malle, François Truffaut, Joseph Losey, Jean-Pierre Mocky, Jean-Jacques Annaud, avec son «  nom de la rose » et le fabuleux Sean Connery, qui porte, lui aussi, admirablement, ses 80 ans.
Mickaël Lonsdale  a joué au cinéma avec des formidables metteurs en scène, sans bouder les films grand public, comme le fameux Moonraker, du James Bond 1979, où il incarnait « le Méchant » !  Un méchant notre acteur ! Vous pouvez l’imaginer ?
On est désarmé par une telle douceur. Il nous parle en toute simplicité, de sa voix chaude, quasi hypnotique, aux inflexions joliment dosées, et ne semble pas avoir conscience de l’impression qu’il nous fait. Oui, nous sommes impressionnés et le terme n’est pas trop fort. Déjà par sa culture, immense, par  son parcours, qui le situe parmi les grands « passeurs de textes », comme il se nomme ...- et il ne nous a pas fallu attendre son César du meilleur second rôle dans le film « des Hommes et des Dieux » pour en être convaincu. C’est un immense acteur.
On se sent proche de lui, en phase avec ses propos. On est à la fois, tout petit, face à tant d’humanité et grandi car il est là, et sa seule présence nous fait vivre un moment de grâce.

 

MERCI au Manteau Rouge de nous avoir permis cette félicité !


Rencontre :
Nous évoquons avec lui le film « Des Hommes et des Dieux ». Une histoire qui  retrace  le cheminement spirituel des moines de Tibéhirine pendant les mois précédant leur disparition. En 1996. Une page particulièrement noire de l’islamisme en Algérie.
 
 
P.W. : Vous avez obtenu un César du meilleur second rôle masculin pour votre interprétation de Frère luc, médecin de la communauté dans le film de  Xavier Beauvois : on y parle de tolérance, de curiosité de la religion des autres, d’entente entre les peuples, de Dieu, le message est universel et on a l’impression que dans ces concerts lecture, on vous retrouve dans cet habit de sage,  à la recherche d’une fraternité humaine ?
Mickael-Lonsdale-portrait.jpgMichaël LONSDALE : Je suis toujours partant pour tout ce qui est spirituel. Et ce chemin de croix de Claudel que nous allons faire est une très très belle chose. Et comme j’aime la musique, je suis toujours heureux de proposer des concerts lectures.
Ce que vous disiez au sujet du film, de la curiosité pour les Arabes, de la curiosité de la religion, ce n’est pas vraiment ça.  C’était un vrai partage. Ce n’était pas simplement une curiosité, ils ont vraiment vécu ensemble, dans une Algérie en proie à la guerre civile, ils ont travaillé ensemble, ils ont tissé des liens  avec la population, ils ont partagé énormément, et c’est pour ça que les moines n’ont pas pu s’en aller. Ils avaient l’impression de déserter, de les abandonner, alors que ce village s’était construit à partir du monastère. Ils étaient venus là pour être un peu protégé. Parce qu’ils pensaient pouvoir être protégé, mais finalement, cela n’a pas empêché les assassins de venir les tuer.
 
P.W. : Votre métier, votre vie, votre spiritualité, on a l’impression que tout est lié, c’est le même engagement, que vous avez trouvé une forme d’équilibre et de sérénité… C’est l’image que l’on a de vous. Vous n’êtes pas un angoissé !
Mickael Lonsdale (il rit) :  Oh non ! Pas du tout. Je l’ai été beaucoup dans ma vie, mais là, maintenant, ça va ! Je suis calme et serein.
 
P.W. : Vous disiez un jour qu’on vous entendait  à peine, lorsque vous étiez jeune, tellement vous étiez timide,  inhibé, et aujourd’hui, cette même voix se fait bien entendre et de différentes manières.
Mickael Lonsdale : Oui, c’est vrai, elle s’est développée. À force de jouer dans des lieux très grands, sans micro, il fallait bien se faire entendre et la voix s’est développée à partir de rôles que j’ai joués aussi, où il fallait beaucoup crier… Ça aide. Dans le cours de théâtre où j’allais, chez Tania Balachova,  elle nous faisait faire tous les jours un exercice, justement pour les gens qui ne parlaient pas assez fort  : on devait dire la tirade de Victor Hugo, dans Ruy Blas,  Ô ministres intègres !  conseillers vertueux … de plus en plus fort,  jusqu’à la hurler !
La voix s’est bien développée !
 
P.W. : La voix, et l’âme qui va avec !
 
M. Lonsdale : Oui, bien sûr, les deux vont de pair.
 
P.W. : Vous avez lu de grands textes de littérature et de philosophie, qui ont été édités en livres audio, au théâtre, en 2010 « À la recherche du temps perdu de Marcel Proust », là encore il s’agissait  de lectures…
Michel Lonsdale : Oui, il s’agissait encore de lectures.  Mais avec plusieurs personnes. Je n’étais pas tout seul à prêter ma voix.  Il s’agissait de lectures d’instants choisis, d’après l’œuvre de Proust, avec, en alternance,  plusieurs comédiens. Ça changeait souvent de partenaires. Il y avait notamment Bernadette Lafont, Romane Bohringer… On le refait d’ailleurs assez périodiquement.
 
 
P.W. : Vous étiez aussi  en 2009, au théâtre Toursky, chez Richard Martin à Marseille  « Job ou L'Errance du juste » d'après Le Livre de Job.
Mickael Lonsdale :  Oui, et nous avons d’ailleurs prévu de rejouer ce spectacle.
 
P.W. : Vous étiez Dieu, et Richard Martin Job…
Mickael Lonsdale : Oh non ! Je n’étais pas Dieu ! J’étais la voix de Dieu ! Dieu, Ce serait difficile de l’incarner ! Il n’a pas de corps…
 
P.W. : Là encore, il s’agit de lectures où l’on  parle d’humanité de tous les temps.
C’est maintenant ce que vous recherchez au théâtre ou au cinéma ?
Mickael Lonsdale : Non, j’ai un métier de comédien, et je fais des choses très différentes qui ne sont pas forcément spirituelles, mais c’est vrai que, dès que je peux, je donne la priorité à tout ce qui touche à la spiritualité, à la parole de Dieu, à la musique de Dieu.
 
P.W. : Depuis combien de temps êtes-vous sur les routes avec ces chemins de croix ou les eaux vives ?
Mickael Lonsdale : Cela fait  trois années déjà. C’est à chaque fois différent.
C’est transmettre la parole de Dieu, la spiritualité, faire connaître la vie des Saints. C’est surtout ça le programme : Etre un passeur de textes… Pour ce qui est des lectures.
La passion va se faire tout le temps du carême, ensuite cela se calmera un peu. Je serai bientôt en concert avec le quatuor Manfred pour un Hommage à Bach. Je serai le récitant dans  « La passion selon Saint-Jean ».  J’accompagnerai aussi le quatuor Ysaÿe,  dans les Sept dernières paroles du Christ en Croix, sur une musique de Haydn. Là, c’est encore autre chose. C’est magnifique. Voilà. Je suis très heureux avec ça !
 
P.W. : Est-ce que l’on vous a proposé d’enregistrer ces concerts lectures ?
Mickael Lonsdale : Non, c’est une toute autre installation. Mais il est prévu d’en faire un CD, il me semble. Mais il faut l’autorisation de la famille Claudel. On ne fait pas ça comme ça ! Il faut tenir compte des droits …
 
P.W. : Que pourriez-vous dire, en quelques mots  de l’équipe.  Les comédiens chanteurs musiciens qui sont avec vous ?
Mickael Lonsdale :  On se connaît depuis longtemps. Bernard et Odile Masson - ils sont mari et femme même s’ils ont chacun un nom d’artiste différent - sont des amis depuis plus de quinze ans déjà. Nous étions dans le même groupe de prières « Magnificat ». On va partout en France avec l’équipe. Du Nord au sud, de l’Est à l’Ouest et nous souhaitons à tous un agréable partage dans cette musique et dans cette approche de la Pâques. C’est Carême en ce moment et l’on se plonge davantage encore dans tout ce qui est spirituel. Cette lecture est importante, car elle ouvre  le temps de Pâques. J’aime beaucoup Claudel, qui était un grand écrivain et poète, et je suis donc très heureux de le lire. Cela fait partie des belles choses de mon métier.
 
Propos recueillis par Pétra Wauters
 
 
« Eaux Vives » :
L’eau dans la bible, l’eau dans l’esprit, l’eau dans la vie, l’eau dans la mort.
Dimanche 27 Mars  - 16h- Vendredi 27 Mai 2011 à LILLE (Nord)
Église du Sacré-Coeur à 20h30
Dimanche 29 Mai 2011 à WAMBRECHIES (Nord)
Église St Vaast à 17h00
« Eaux vives », était initialement prévu pour trois dates. » Le concert a été accueilli avec beaucoup d’enthousiasme par le public ce qui fait que nous avons été invités dans de nombreuses villes. » Père Vincent Marie
L’âme humaine, comme le souligne le poème de Goethe, est semblable à l’eau. À travers un cheminement sur les sentiers de l’humanité, nous proposons au spectateur un voyage qui le fera passer de l’eau de la mort, à l’eau de la vie.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :