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Publié par TRIELDEMAIN

tempete-de-neige-vapeur-au-large-d-un-port-1842L’exposition a été présentée à la Tate de Londres du 23 septembre 2009 au 31 janvier 2010. Elle sera ensuite montée au musée du Prado de Madrid, du 22 juin au 19 septembre 2010.

Joseph Mallord William Turner (1775-1851) fut sans doute une figure de proue de la peinture ; l’un des peintres le plus importants de la génération d'artistes anglais, grandement reconnu de son vivant. (Il n'a que 27 ans lorsqu'il est admis membre à part entière de la Royal Academy). Son influence sur les générations qui suivirent fut déterminante. Lui-même fut, et de fort  belle manière… Influençable.

Turner vu à travers le prisme des grands peintres
Voilà une exposition qui vaut se pesant d’or et de lumières. Des ors dans des  paysages irradiés  de soleil, des reflets qui s’empourprent dans l’eau, qui s’embrasent dans les lointains, à l’horizon… Claude Gellée, allias le Lorrain n’est pas loin, lui qui faisait des horizons un paradis terrestre… Bousculant les  codes de la peinture d’histoire qui assignaient l’éclairage le plus vif au premier plan du tableau, Le Lorrain guide l’œil du spectateur vers l’infini et le lointain, une leçon nouvelle que Turner saura retenir le temps de sublimer quelques compositions.  À la vue de leurs œuvres ainsi confrontées, les deux peintres nous paraissent indissociables, et la (belle) histoire nous donne raison. Turner aurait exigé de la National Gallery que deux de ses toiles qu’il lui léguait soient exposées entre deux tableaux du Lorrain. C’est dire si la filiation était fortement ressentie par Turner.
Influence annoncée mais peu évidente en vérité, celle de Pierre Henri de Valenciennes. Par ailleurs, Constable et Turner, si proches dans  leur fascination pour la lumière, sont restés dans l’accrochage, trop éloignés l’un de l’autre. Dommage. Aquarelliste doué, Turner rivalise au début de sa carrière avec les plus prestigieux peintres tels que Thomas Girtin (1775- 1802) également son ami.) On aurait aimé davantage d’aquarelles, technique dans laquelle il excelle dans ce rendu des lumières qui nous submergent et nous enchantent. Mais sans doute l’évolution de son œuvre à l’huile est-elle plus facile à suivre dans ce jeu des comparaisons et des filiations ?
Le style de Turner  évoluera au fil de biens d’autres  rencontres avec des  peintres très différents. Les voyages jouèrent un rôle prépondérant dans le développement de son art. Entre 1817 et 1845 il parcourut l'Europe en tous sens.  Il se rend à nombreuses reprises à Venise, des séjours qui vont marquer un tournant dans son œuvre car la représentation des effets de lumière va désormais prendre une importance croissante, au détriment de l'aspect narratif. On est loin des célèbres panoramas de Venise, de Canaletto,  Pont des soupirs, le Palais des Doges (Canaletto peignant, 1833)  lorsque soudain, on quitte l’architecture maîtrisée sans contexte pour des marines dramatiques. On songe à Ruisdael, lui aussi présent. Une belle source d’inspiration. Présence éblouissante de  Titien. « La Sainte Famille » de Turner  offre de beaux accords majeurs avec celle du Maître de Venise qui le passionnera, notamment dans ses œuvres exposées au Louvre.
Des notes, des croquis, des tableaux copiés et  du génie. Et si les procédés sont parfois communs à certains Maîtres découverts lors de ces voyages, les manières diffèrent. Personne comme Turner  n’est allé aussi loin dans l’assimilation des Maîtres « admirés » qui l’ont aidé en quelque sorte à se frayer son propre chemin. Cependant on s’étonne parfois : Watteau le peintre des « fêtes galantes », avec ses « deux cousines » est présent  sur les cimaises et faire écho à ce bijou un surprenant petit tableau de Turner, une illustration d'une scène de la comédie de Shakespeare, "La Nuit des rois ou Ce que vous voudrez ». Turner nous paraît moins convaincant quand il s'inspire des scènes de genre du Nord ou encore des portraits. Mais qu’importe, il va s’approprier l’œuvre des anciens mais aussi de ces contemporains, comme Constable ou encore Bonington, pour nourrir son art et innover. Son rendu « inachevé », cette façon de dissoudre les formes annoncent l’impressionnisme. Mer déchaînée, les torrents, les tempêtes, cette nature démontée ont fait de lui un romantique.
Une centaine d’œuvres magistrales sont à découvrir et grâce à ce dialogue pertinent entre Turner et ses Peintres, on réalise à quel point Turner  a révolutionné la peinture du XIXé siècle.

Pétra Wauters

Galeries Nationales du Grand Palais


3, av. du Général Eisenhower Square Perrin 75008 Paris
01 44 13 17 17

Métro 1 Champs-Élysées - Clemenceau, Métro 13 Champs-Élysées - Clemenceau, Bus 42 , Bus 73 , Bus 28 , Bus 83 , Bus 93

Programmation
Du 24 février 2010 au 24 mai 2010.
Du ven au lun de 9h à 22h, le mer de 10h à 22h, le jeu de 10h à 20h.

Entrées
réduit : 8€ pour les 13-25 ans, chôm., familles nombreuses.
normal : 11€

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