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Publié par Pétra Wauters

Une artiste Trielloise souhaite partager avec vous ses impressions sur cette exposition, c'est avec grand plaisir que nous publions cet article de grande qualité


RENOIR INTIMISTE

RENOIR AU XXÉ SIECLE  au Grand Palais, du  23 septembre au 4 janvier.

Exposition superbe consacrée à un artiste souvent controversé.  On y côtoie la famille de Renoir, ses épouses, ses muses, ses enfants, ses amis, ses intimes, et des peintres qui l’ont aimé et admiré à travers une centaine de tableaux, dessins, sanguines et le plus étonnant, des sculptures du peintre.  Une œuvre le plus souvent joyeuse, hymnes à la vie et à la beauté, de cette homme qui vieillissant, peignait comme nul autre pareil la jeunesse.  On y découvre quantité de photos et des documents aussi variés qu’émouvants, tel ce petit film qui nous montre un vieillard, malade, affaibli, aux mains paralysées, tordues par les rhumatismes et pourvues d’une atèle lui permettant à l’automne de sa vie, de poursuivre son travail. Malgré cette souffrance, la beauté et la gaîté ont toujours dominé son œuvre, même la plus tardive. 1841-1919, époque bénie où le peintre s’est abandonné à un art de plus en plus libre, s’éloignant de l’impressionnisme ( L’artiste allie le plein air et le travail en atelier notamment à Cagnes où il finira ses jours en 1919)  pour s’approprier le classicisme et l’art du passé pour,  paradoxalement en faire un art du XXè siècle.  Des toiles entre tradition et innovation, admirées des « jeunes » futurs grands, tel que Picasso, Matisse, Bonnard ou encore Denis. (L’exposition met en parallèle quelques œuvres de ces grands artistes, comme  la « grande baigneuse » de Picasso, ou encore deux modèles au repos » de Matisse) restituant ainsi  le regard que ces artistes de la première moitié du XXe siècle ont posé sur le Maître.)
Renoir septuagénaire déclarait : « Je commence à savoir peindre. Il m’a fallu plus de cinquante ans de travail pour arriver à ce résultat, bien incomplet encore ». En effet, on l’a longtemps considéré comme un impressionniste. Il ne reniera pas ses « attaches », mais souhaitera s’en éloigner notamment après une période de doutes. Il cherche. « C’est un modeste, un tendre et un perpétuel chercheur » écrira Arsène Alexandre, critique d’art français. Ce nouvel art, à la fois classique et décoratif, lui ouvrent des portes, et enfin, la reconnaissance du public.  Quelques œuvres « intimes », charmantes, deviennent la clé du succès de l’artiste, telles « « jeunes filles au piano », « Gabrielle et Jean » son troisième fils qui deviendra le grand cinéaste que l’on connaît. Gabrielle, servante de la famille lui servira pendant de nombreuses années de modèle.  Dans cette dernière période, le besoin de se rapprocher de Rubens, des formes plantureuses de ses femmes qui s’arrondissent, déesses de fécondité dont les chairs nacrées menacent de s’échapper du cadre de la toile. Les « nus » un motif obsessionnel pour l’artiste qu’il considérait comme une épreuve de vérité pour un peintre. À travers ce genre, hommage encore à Ingres  et ses odalisques allongées.  On terminera la visite par  « les baigneuses » qu’il considèrera comme son chef d’œuvre absolu. Matisse dira qu’il s’agit « Des plus beaux nus qu’on ait peints, personne n’a fait mieux, personne ». Et pourtant, lorsque les trois fils de Renoir offrent ce tableau aux musées français, ils se heurteront à des réticences et les  critiques vont se déchaîner, remettant en cause cette dernière manière de peindre. Ses nus et ses portraits ne doivent pas nous faire oublier ses paysages méditerranéens,  une nature solaire et bienveillante, « la terre, paradis des Dieux » dira-t il.Ces derniers constituaient le domaine privilégié de ses expérimentations visuelles, de ses effets esthétiques..
Que l’on préfère le  Renoir du «  Bal du Moulin de la Galette » ou encore  du «  déjeuner des canotiers », œuvres merveilleuses aux  contrastes marqués et aux  contours soulignés, c’est toujours à la recherche du bonheur que nous accompagnons Renoir tout au long de cette exposition.
Pétra Wauters


Cette exposition est organisée par la réunion des musées nationaux, le musée d’Orsay et le Los Angeles County Muséum of Art en collaboration avec le Philadelphia Muséum of Art.
Elle est ouverte tous les jours sauf le mardi, de 9 h 30 à 22 h, le mercredi de 10 H à  22 h et  le jeudi de 10 H à 20 H




Les Baigneuses - Pierre-Auguste Renoir – 1918 – 1919



Quelques dates  de la vie de Pierre-Auguste Renoir -

1841
- Naissance à Limoges
1845
- Sa famille s'installe à Paris
1862
- Se lie avec Monet, Sisley et Bazille Paris
1868
- Il partage un studio avec Bazille à Paris
1869
- Il passe l'été à Bourgival avec Monet
1880
- Rencontre avec Alice Charigot
1886
- Exposition de 32 toiles à New York.
1888
- Attaque d'arthrite
1889
- Son bras droit est paralysé
1890
- Il épouse Alice Charigot
1919 Il décède à Cagnes le 3 décembre





Baigneuse aux cheveux longs -  vers 1895 – musée de l’Orangerie
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